Sombres héros

ob_b0ff09_sombres-heros

Polar

Résumé :
Antoine Fouget, la quarantaine, est détective privé de son état. En ce début d’été particulièrement étouffant, le travail se fait attendre… Jusqu’à ce que surgisse un nouveau client inespéré, Waringue, un assureur très particulier qui va l’entraîner dans une enquête brève mais intense où s’entremêleront joueurs de football au faîte de leur gloire, starlette de cinéma aux appas insolents, agents marron, menteurs de tout poil, etc. Qui a tué qui ? Le cash back est-il un bon moyen pour amasser une fortune ? Mais, au fait, où se trouve au juste le vrai bonheur ?…

Remerciements :
A l’auteur Gilles Vidal pour ce partenariat

*************************************************
Ce que le ver Caro en dit :

Me voici dans une novella policière qui me rappelle ce qui m’avait interpellée dans le style de l’auteur lors d’une précédente lecture : la véracité de ses propos. Ici, ceux au sujet des événements d’une vie qui parle à tout le monde dans les premières pages, comme par exemple le fait que l’on enjolive les souvenirs, ce qui est une certitude pour moi.

Il a un truc pour nous rendre les personnages réels, ils sont simples et donc efficaces. Antoine, notre protagoniste, est un homme au passé qui semble classique, sans réel intérêt quelque part, et pourtant il va réserver son lot de surprises. Comme quoi il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir découverte LOL. Il n’a pas de grandes ambitions et, même s’il est divorcé, pas de mec torturé à l’horizon (quoique, on va aussi avoir des infos de ce côté là.) ^^

C’est juste un bonhomme qui est là et nous parle de lui tout en vivant une sacrée aventure qu’il va nous narrer, bien entendu, pour notre plus grand plaisir.

Il y a quelque chose dans le style de l’auteur qui me plaît beaucoup.  Il est composé de phrases longues toujours emplies de mots ou d’expressions que l’on ne s’attend pas forcément à trouver là, mais qui tombent justes. Je vous laisse lire cette description pour que vous compreniez où je veux en venir. Illustrer ses propos est une bonne façon pour ça 😉

« Je dois dire, pour employer une litote, que c’était un drôle de mastodonte de soixante printemps environ, quelque chose comme 130 kilos répartis sur une charpente d’1 m 95 enveloppée dans un costard gris anthracite taille au-delà, avec une tête cabossée de catcheur à demi chauve au milieu de laquelle perçaient deux yeux bleus de porcelaine un brin chafouins, et, à la vue du battoir, j’ai un peu appréhendé. D’une seule et unique gifle sur le flanc, voyez-vous, il aurait stoppé net le hoquet tenace d’un rhinocéros. »

C’est à la fois différent de ce que je lis d’ordinaire, avec un petit côté qui se voudrait sérieux de prime abord, mais qui est finalement rigolo.

D’ailleurs, l’intrigue a un petit goût de déjanté et, en même temps, elle dénonce des pratiques existantes dans le monde du football. Gilles Vidal mélange ses connaissances qui sont évidentes dans de nombreux domaines, on sent l’homme intelligent qui s’amuse avec la langue française. C’est à la fois riche et cash. J’affectionne beaucoup le ton employé, mais je crois que vous l’avez compris. C’est le point fort pour moi de ce titre, car le dénouement m’a un peu perdue. C’est très tordu et un poil complexe à suivre.

Peut-être un peu stéréotypé et rocambolesque par moments, mais cela passe bien puisque je le reconnais, ce fut un moment livresque fort agréable.

Allez, pour la route deux autres citations qui m’ont faite sourire.

« Il prit un air évasif et me répondit avec toujours ce ton qui le rendait aussi franc qu’un âne qui recule. »

« Puis j’ai tenté de me remettre dans le bon sens. En effet, j’avais la tête dans le pâté, le pâté dans le cul et le cul en orbite autour de la Terre. »

Publicités

Maty

 

9791023404159_w250

Nouvelle

Résumé :
L’amour, même en musique, peut mener à tout, y compris au pire.

Remerciements :
A l’auteur Gilles Vidal pour ce partenariat

*************************************************
Ce que le ver Caro en dit :

Une nouvelle noire signée Gilles Vidal où l’on entrevoit d’une façon fort sombre le pouvoir que peut avoir l’amour, le destructeur, celui qui, dès le départ, s’appuie sur des bases branlantes, pourries d’avance par le malsain du pourquoi de cette histoire.

Maty, le centre de tout, est une femme fragile, instable qui aime à se détruire et qui est adulée par Bob. Elle a une emprise sur lui, mais de la pire espèce, celle qui pousse à agir pour de mauvaises raisons…

Une réelle force se dégage de cette dizaine de pages. L’aventure que vit Bob est à la fois glaçante et mortellement sublime. En effet, magnifique est la chute proposée qui allie beauté des sentiments, inspiration musicale et anecdote macabre.

Un instant glauque & amoureux que je ne regrette pas et auquel, malheureusement, je crois entendre un doux son de possible réalité.

Les sentiers de la nuit

sentiers-de-la-nuitThriller

Présentation :
D’un côté il y a Harry Pitman, un jeune Californien qui découvre à la faveur de révélations de sa mère mourante et d’une analyse ADN que ses origines ne sont pas celles qu’il croyait, et qui décide d’aller jusqu’au bout pour résoudre le mystère. De l’autre, Paul Massat, un lieutenant de police se retrouvant à son corps défendant à la tête de son commissariat et confronté à la mort naturelle d’un homme dans un lieu où il n’aurait pas dû se trouver – une mort qui s’avère bien plus compliquée qu’au premier abord. Autour d’eux, il y a Agathe, une jeune peintre un peu trop altruiste qui vient d’être plaquée par son mari ; Jules, le père de Paul, un auteur de SF aimé de nombreux fans, qui transporte en son âme un lourd fardeau ; Kinga, une jolie journaliste polonaise prête à tout pour aider Harry dans sa quête ; et bien d’autres personnages encore. De Santa Barbara à Solieu, en passant pas Miami, Paris et Varsovie, l’histoire et les vies de ces personnages vont immanquablement se télescoper, ranimant les échos douloureux du passé.

Remerciements :
A l’auteur Gilles Vidal pour ce partenariat

*************************************************
Ce que le ver Caro en dit :

Harry est un homme qui arrive à un véritable tournant dans sa vie. Il est assailli par un réel questionnement quant à son père génétique, ce qui l’amène à une quête d’identité et l’embarque dans un grand périple afin de déterrer la vérité. Malheureusement, on ne va pas lui faciliter la tâche, que ce soit des personnes mal intentionnées ou bien le temps tout simplement qui a passé depuis le meurtre de son géniteur.

Agathe est une jeune femme bien trop bonne (dans le sens poire, hein…^^), elle veut aider tout un chacun en ne se rendant pas compte qu’elle va beaucoup trop loin. À la clef : un divorce dans la face qui va la pousser à changer.
Paul est un flic, les meurtres ne sont pas son champ d’action, mais là pas le choix, il doit s’y coller. Bien étrange que cet homme propre sur lui, mort naturellement apparemment, dans ce squat où se pratiquent des deals. Cela le pousse à se demander le pourquoi de sa présence en ces lieux et à creuser la chose.
Paul a pour ancienne compagne une femme agaçante dont l’objectif principal est de le mettre en rogne après leur séparation. Cette enquête semble être son exécutoire.
On se doute qu’en les rencontrant à la suite, un lien va naître et les amener à se retrouver être des pièces qui vont s’imbriquer dans notre intrigue. Des relations se devinent, un fil est visible mais a-t-on toutes les cartes ? Il est vrai que j’ai entrevu une partie des réponses. Une autre étant passée sous silence par l’auteur. Ce n’est pas forcément un bon point pour moi qui aime que tout soit clair, net, précis et expliqué de fond en comble. Nous avons donc différents points de vue qui offrent un bon rythme. S’ajoute à eux un auteur reclus, mal dans sa peau, qui, malgré son grand succès, n’arrive plus à écrire. Le poids des remords se fait sentir.
Pour tous les personnages, il y a un mal-être évident qu’il est temps d’affronter.
Le hasard facilite les choses parfois, ici c’est le cas, mais on ne se dit pas que c’est impossible même si on peut aisément souligner que le destin est clément.
Gilles Vidal, comme je l’ai déjà signalé dans mes précédentes chroniques sur ses titres, a une culture, des références et il n’y a pas à tourner autour du pot : en tant que lecteur on aime, notre soif de connaissance le remercie, d’ailleurs.
Harry voyage, passe des States à la France en faisant une boucle par la Pologne. Les recherches quant aux lieux et aux cultures sont là. Sans oublier le point de rattachement de l’ensemble, une petite bourgade des Vosges si tranquille…
De nouveau, on traite l’amnésie dans un thriller. Ce qu’elle provoque m’a beaucoup plu dans sa description des effets sur le long terme.
Il ne faut pas se fier à la couverture qui m’avait induite en erreur, je m’attendais à de l’action, à du dur et au final il est plutôt question d’une ambiance, d’un stress et d’une course aux informations. Course qui va déterrer bien des secrets familiaux. Le titre d’ailleurs est dans la même veine et peut porter à confusion.
Une fois mon ébauche de chronique terminée, l’auteur m’a transmis un lien vers un avis que voici

​Il a eu raison, j’ai adoré découvrir cette opinion qui m’a fait revoir mon jugement. Effectivement, je prenais ce livre pour un thriller basique, mais en réalité il offre des instants de vie, et se raccorde à notre quotidien. Tout n’est pas toujours totalement achevé ici-bas et Gilles Vidal a voulu honorer la simplicité des gens et les émotions qu’ils ressentent face à des événements inattendus, plus qu’une enquête bien ficelée et terminée sans que le lecteur ne puisse commenter le fait que tout n’est pas carré ni bouclé intégralement.

De l’autre côté

003250267

Nouvelle graphique
Ebook chez Ska de 44 pages

Résumé :
Bad trip, mauvais rêve ou anticipation, les affres d’un héros qui ne s’appartient plus…

«Des murmures montèrent alors dans l’atmosphère, augmentant peu à peu de volume, puis se mirent à hanter la pièce tout entière, des chuchotements absolument pas angoissants, bien au contraire : ils étaient enjoués, empreints d’un bonheur serein. Et provenaient des sculptures elles-mêmes. Je renversai la tête en arrière et mon esprit s’envola, oui, il me sembla décoller littéralement, et ce n’était pas l’œuvre d’un Simu, ça n’avait vraiment rien à voir. Je me mis à rêver – m’endormis-je alors ? je n’en sais rien –, enfin pas rêver vraiment, comment expliquer ce qui s’ensuivit ?… Pourrais-je nommer ceci une « réinitialisation » ? Oui, sans doute. »

Avec cette nouvelle graphique qui emprunte les codes du fantastique, du polar et de la science fiction, Vidal et Andres inaugurent chez SKA un nouveau genre : la nouvelle graphique.

Avis :
Ici nous sommes en compagnie d’une nouvelle graphique mêlant plusieurs genres dont je retiens surtout le côté anticipation et cette peur qui nous guette tous, à savoir l’emprise de la technologie à l’avenir.

Je vais d’abord faire un point sur les coups de crayons. J’aime beaucoup le ton de la couverture qui met en avant des couleurs froides et nous laisse présager une sombre ambiance. Intuition confirmée par le thème de cet écrit.

Les dessins accompagnant le texte sont tous en noir et blanc, de diverses nuances, que ce soit dans la technique utilisée et dans le rendu souhaité qui fait corps avec les mots. Nous avons du flou, du précis, du géométrique et bien d’autres inspirations dont je ne connais pas forcément les appellations.

Le monde dévoilé à travers ces images et le récit est futuriste, très technologique et complexe. Malheureusement il n’est évidemment pas fouillé vu le nombre de pages et cela n’a pas su étancher ma curiosité. J’aurais voulu du pourquoi, du comment. Cependant il n’est pas difficile d’imaginer l’univers et de comprendre que tout est régenté et que donc la vie n’y est pas des plus agréables.

Le titre nous parle d’un lieu que le personnage va découvrir. Il existe une sorte de frontière entre la ville étouffante, qu’il ne supporte plus de par sa précarité et les règles mises en vigueur, et ce que l’on pourrait appeler la campagne pour nous, lecteurs de 2014.
On sent une influence Seconde Guerre Mondiale au début, comme si l’Histoire se répétait encore et encore et que l’humain ne retenait rien des erreurs de ses pairs. Après, je ne sais pas si là où évolue Julius, notre personnage, il s’agit bien de notre Terre.

Il va y trouver une forme de délivrance qui se révèle originale, étrange et poétique, quand on y réfléchit, avec une touche d’humanité qui refait son apparition parmi tous ces termes désignant les machines peuplant leurs journées.

Une lecture rapide qui coupe de nos romans habituels et se démarque de par cette différence à mêler tant de choses en si peu de pages.

Un pari osé, déroutant et qui ne rentre pas dans les cases.

Remerciements :
A l’auteur Gilles Vidal pour ce partenariat

2313159062_efd695b0d7_n

Le sang des morts

51jyODsCFSL._
Thriller
280 pages chez Lokomodo

Résumé :
Bienvenue à Vernais, un petit bourg balnéaire sans histoire… Sauf que les cadavres ont une fâcheuse tendance à s’y accumuler. Est-ce à cause de ce cadavre découvert noyé dans la piscine d’un notable local ? De ces tueurs russes venus d’on ne sait où ? De l’enlèvement de Félicien Faderne, un humble informaticien qui se retrouve captif d’une tueuse impitoyable ? De cette demeure abandonnée, vite surnommée « la maison de l’horreur », ou s’empilent les cadavres mutilés d’hommes, de femmes et d’enfants ? Lorsque la folie s’empare des hommes, personne n’en ressortira intact…

Avis :
Ce qui fait tout le charme de ce roman est son nombre important de personnages. On va sans cesse de l’un à l’autre, c’est un rythme sans temps mort. On a la sensation de vivre au cœur de leur ville en les suivant au fil des pages où ils se rencontrent, pour certains, pour une raison x ou y.
Le style est rapide, on a cette sensation de virevolter d’un lieu à l’autre, même si ce sont les actes qui sont le plus nombreux et qui dictent le rythme, les lieux ne sont pas en reste. On les entrevoit assez pour nous donner l’impression d’être les visiteurs d’une ville bourdonnante. 

Ils ont presque tous un petit quelque chose de bon qui nous les rend appréciables. Il faut bien quelques exceptions, nous ne sommes pas non plus dans un univers tout beau tout mignon. Ici il y a une grosse enquête de police avec des morts pas franchement jolis jolis.
Mais les protagonistes sont la vraie force de cette oeuvre, ils sont simples, j’entends par là qu’ils sont humains, comme vous et moi, ils sont vrais, aucun ne donne dans le trop, dans le surjoué, on sent une âme se dégager de leurs êtres.
Leurs rencontres, au départ nous semblent anodines, sans réelle importance pour la suite, et pourtant…
C’est finement joué de la part de l’auteur tous ces petits fils qui apparaissent et parsèment notre intrigue qui est la base de tout.

Je ne pense pas que l’on puisse deviner qui fait office de tueur. Il y a un ou deux indices tellement riquiquis qu’ils sont passés inaperçus, et le coupable n’était pas le centre de l’intrigue à proprement parler. Elle est certes le ciment du livre mais les protagonistes en restent le matériau principal à mes yeux. Ils y amènent tous une petite touche, des histoires personnelles qui m’ont plus emportée dans leurs méandres que les meurtres. Comme quoi, tout est possible pour la fan d’assassinats que je suis.
Le dénouement est surprenant au niveau de l’enquête, cela sort un peu du sentier battu du « combat final de base » et au niveau des personnages, cela se clôture sur des notes agréables.

L’équipe de flics m’a beaucoup plu, une vraie coalition existe et je trouve cela important. Ainsi l’enquête progresse et chacun y apporte sa contribution, cela change de l’enquêteur solitaire qui avance contre vents et marées.

J’ai passé un très bon moment en leur compagnie et leur évolution me convient donc,tout est bon pour moi.

Un petit mot sur mes préférés tout de même : Stan arrive en première position, un fils attentionné accompagné d’un fidèle compagnon, un homme sincère et toujours sur le qui-vive. Puis vient Walter, écrivain dans l’ombre au passé lourd qui est marqué par la souffrance. Et enfin Anne, une femme mystérieuse qui est un peu une drôle de dame au quotidien.

Des gens riches qui embellissent une atmosphère sombre à base de trafiquants et de cadavres.

Remerciements :
Au forum Have a break have a book ainsi qu’à la maison d’édition pour ce partenariat.

3

250836haveabreakimagesiacomabzr1

bannièreABC2014
challe19