L’impossible pardon

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500 pages chez Le livre de poche

Résumé :
« Quand maman m’a demandé de lui sauver la vie, je n’ai pas du tout été surprise. Dès ma première semaine à la maternelle, j’avais compris qu’elle n’était pas le genre de mère à porter des colliers de nouilles.
Passe-moi un Pepsi, Lulu.
Sors le lait pour les céréales de ta sœur.
Va m’acheter un paquet de Winston.
Et puis un jour, elle est montée d’un cran.
Ne laisse pas entrer papa dans l’appartement. »
Mais Lulu, dix ans, finit par ouvrir la porte, et le cauchemar commence.
Son père poignarde sa mère et blesse grièvement sa petite sœur, Merry, six ans. Recueillies par leur grand-mère, puis envoyées dans un orphelinat, les fillettes grandissent avec le poids de cette journée terrible. Tandis que l’aînée raye son père de son existence, la cadette lui rend visite en prison. Confrontées à une même douleur, Lulu et Merry réagissent différemment : la première veut bâtir sa vie vaille que vaille, l’autre se débat dans ses traumatismes. Alternant les récits des deux sœurs sur une trentaine d’années, ce roman bouleversant aborde avec force, nuance et complexité les questions de la survie et de la culpabilité et de la lente reconstruction de ces petites filles meurtries.

Avis :
Lulu est une petite fille forcée de grandir trop vite, tout d’abord à cause d’une mère n’assumant pas son rôle, puis à cause du crime de son père.

Elle se doit de s’assumer ainsi que de gérer sa petite sœur, ce qui la fait pousser bien trop vite, reléguant aux oubliettes son âme d’enfant pour se concentrer sur des problèmes réels de grandes personnes.
La culpabilité la ronge : et si elle avait agi autrement, est-ce que sa mère serait toujours là et son père absent de derrière les barreaux ? On la ressent au plus profond de nos tripes, bien trop souvent nous aussi, au cours de cette lecture.
Beaucoup de souffrances et de tristesse se dégagent de son comportement qui se veut résistant à toutes épreuves, et il lui en faudra pour faire face à la vie qui l’attend et qui n’est pas tendre.

Ensuite, on bascule avec Merry, c’est ainsi au fil des pages, l’une puis l’autre. Choix judicieux puisque les deux sœurs, même en étant très proches, sont totalement différentes, surtout dans leur façon d’appréhender la situation.
Merry a été physiquement blessée par son père, et pourtant elle prend toujours sa défense et lui rend visite en prison.

Cependant, elle reste détruite face à ce geste incompréhensible.

C’est très intéressant de passer d’un point de vue à l’autre et de constater les divergences qui les opposent face au traumatisme subi, les façons de penser, d’analyser…

Une gêne peut apparaître : les ellipses temporelles. Ces sauts dans le temps font que l’on a l’illusion de ne pas les voir à l’âge dit dans le texte. La maturité qui devrait être en est absente, surtout lorsqu’elles se querellent à propos du passé qui a dicté tous leurs faits et gestes malgré tout.
Mais qui pourrait leur en vouloir de garder des séquelles…

Une histoire qui, de par la maîtrise dont fait preuve l’auteure au niveau de ces deux femmes, pourrait ne pas être qu’une fiction tant nous sommes saisis par la véracité des sentiments, des réactions, des réflexions.

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Un récit bluffant et aux dernières notes emplies d’espoir quant à la possible reconstruction d’êtres détruits alors qu’ils ne sont que des bouts de chou.

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10 commentaires sur “L’impossible pardon

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    1. Coucou!
      On ne peut effectivement rester de marbre devant ces deux petites filles puis femmes qui mènent un sacré combat contre elles mêmes au final au travers de leur passé & des embûches de la vie.
      Merci à toi d’être passée ici 🙂

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  1. Ca pourrait totalement me plaire ce genre de récit de famille. Mais i faut que je sois d’une méga bonne humeur pour le lire (histoire de ne pas en ressortir comme un zombie qui ne croit plus en la bonté terrestre ^^)
    Merci pour cette découverte =)

    J'aime

    1. La famille il n’y a que cela de vrai ^^ mais il est exact qu’il vaut mieux être in a good mood lorsqu’on se lance dans ce genre de récits, surtout quand on est supra sensible comme toi & moi 😉 sinon on risquera de vouloir tuer tout le monde LOL!
      Ce fut avec joie ma petite dame!

      J'aime

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