Les âmes grises

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Drame
285 pages chez Stock

Résumé : 
Nous sommes en 1917 dans une petite ville de province. Toute la société des notables est présente et tient son rôle. Le maire, le juge, le procureur, le flic, le médecin… tous font rouler depuis des années l’agréable train-train de la comédie sociale faite d’amicaux échanges. C’est curieux, même la Grande Guerre ne semble pas avoir bousculé les positions et les habitudes de chacun. Tout reste bien en place dans l’immuable tranquillité de la bourgeoisie sûre d’elle-même. Pourtant tout bascule lorsqu’une fillette de 10 ans est retrouvée morte dans l’eau. La petite Belle-de-Jour, comme on l’appelle. Tous la connaissent, elle servait au Rébillon, la seule brasserie restaurant du coin. « Bien, bien, bien… » reprend le juge, tout content d’avoir un meurtre, un vrai à se mettre sous la dent, un meurtre d’enfant en plus, et de petite fille pour couronner le tout. Dès lors, le soupçon gagne et rogne les âmes grises de nos notables. En premier lieu le procureur qui habite au château, juste à côté du lieu du meurtre…

Avis :
Le titre est révélateur de l’ambiance générale du livre. Tout est gris, embrumé et les gens peuplant ses pages sont des âmes en peine, présentées sous différentes coutures.

On débute en compagnie du narrateur dont le nom nous est inconnu, il va nous conter l’Affaire, événement qui a bouleversé sa vie et celles de tous les habitants du village. S’ajoute au crime dont il est question un fond de première guerre mondiale qui sublime s’il l’on peut dire l’atmosphère pesante.
On a la sensation de lire un journal intime dont l’auteur ne maîtrise pas bien l’écriture de par le fait qu’il se laisse porter par les connections qui se font dans son esprit. Il va et vient de souvenirs en flash back sans y mettre les formes. Je l’ai trouvé attachant, sa vie ne tient plus qu’à un fil, celui de ce meurtre dont bien des éléments ont été ignorés ou cachés.

Le dénouement correspond au reste du livre, mystérieux, flou.

C’est profondément gris, humainement parlant et la plume pour nous narrer ce récit lui va comme un gant, c’est en totale adéquation. Des détours un peu lourds et sans but réel (croit-on) pèsent sur notre moment lecture mais débouche sur une réelle morale concernant le bien fondé d’avoir connaissance du dernier mot de l’histoire.

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Une oeuvre particulière et intense qui nous laisse un arrière goût étrange. A ne pas lire si vous êtes d’humeur grise…

« Ecrire me fait vivre à deux.
Lorsqu’on est seul, depuis longtemps, on peut choisir de parler à haute voix, aux choses et aux murs. Ce que je m’applique à faire n’est guère différent. »

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